3 octobre > 31 décembre 2026
(Salle 1)Créatures
Arlette et Marc Simon ont ouvert leur premier atelier en 1975 dans les Monts du Forez. Ils souhaitaient réaliser de beaux objets du quotidien. Leur pratique de la porcelaine et du grès cuits au bois est inspirée par la céramique japonaise. Ils développent aussi une technique de cuisson de type primitive : le pit fire, qu’ils associent à un décor constructiviste et géométrique.
Ce couple d’artistes expose rapidement aussi bien dans des galeries en France et à l’étranger qu’à l’occasion de biennales de céramique contemporaine, notamment celle de Vallauris. Leurs œuvres sont présentes dans de nombreuses collections publiques et privées, parmi lesquelles la Cité de la Céramique de Sèvres, l’Élysée, le Musée de Soissons ou encore le Musée de Manises en Espagne. Arlette Simon reçoit notamment le Prix d’honneur lors de la Biennale internationale de Manises.
Deux voyages artistiques marquent particulièrement leur parcours et nourrissent durablement leur recherche : un séjour en Californie en 1982, où ils découvrent une scène céramique expérimentale et libre, puis une résidence à Shigaraki, au Japon, en 2009, au contact direct des grands foyers historiques de la céramique japonaise. Ces expériences renforcent leur attention à la matière, au feu et aux formes essentielles.
En 1982, ils s’installent au Chambon-sur-Lignon où ils poursuivent leur travail de recherche autour des objets du quotidien et de la sculpture.
Une nouvelle étape s’ouvre ensuite en 2000 lorsqu’ils emménagent aux Roches. Ils y créent une nouvelle galerie de céramiques ainsi qu’un espace d’art contemporain, lieu de rencontres et d’expérimentations où ils invitent de nombreux artistes venus d’horizons divers. Les genres s’y entremêlent, les arts s’y contaminent : expositions, concerts de musique innovatrice, projections cinématographiques et performances se croisent et se questionnent dans une volonté de rendre la création contemporaine « bien vivante » et accessible à tous.
C’est à partir de cette période qu’ils se consacrent entièrement à leur création sculpturale.
Arlette Simon s’intéresse plus particulièrement à la création de volumes où les vides et les pleins participent d’un même équilibre tendu, utilisant parfois le néon et le son pour révéler les jeux de lumière et de surface.
Marc Simon réalise des œuvres sculpturales très expressionnistes, parfois anthropomorphiques, aux formes telluriques évoquant des univers fantastiques.
Nature Digitale
Dans le cadre de la prochaine exposition Nature Digitale, l’artiste Nicolas Touron analyse l’évolution des liens entre la nature, la technologie et l’imaginaire humain à travers une série d’œuvres sculpturales et céramiques.
En s’appuyant sur la modélisation numérique contemporaine et des techniques de pointe d’impression 3D sur céramique, l’exposition examine la manière dont les technologies émergentes peuvent transformer les pratiques artistiques traditionnelles tout en redéfinissant notre perception du monde naturel.
L’exposition propose une collection variée de formes, allant de récipients et structures architecturales à des compositions sculpturales organiques. Inspirées par la flore, la faune, les formations géologiques et des écosystèmes spéculatifs, les créations de Nicolas Touron occupent un espace situé entre passé et futur. Des références médiévales côtoient une esthétique futuriste, donnant naissance à des objets qui semblent à la fois archéologiques et visionnaires.
Par cette fusion, Nature Digitale propose un nouveau territoire visuel où les systèmes naturels et artificiels ne sont plus opposés, mais profondément interconnectés.
L’exposition s’articule autour de l’usage de l’impression céramique 3D par l’artiste, un procédé qui conjugue les traditions séculaires de la céramique avec la fabrication numérique de pointe.
En associant la précision technologique à l’imprévisibilité et à la fragilité de l’argile, Touron propose une réflexion sur l’histoire de l’innovation humaine et ses répercussions constantes sur l’environnement. Ces œuvres constituent les manifestations physiques d’un monde façonné de concert par la croissance organique et l’intervention technologique.
De nombreuses sculptures évoquent des organismes hybrides, des végétaux fantastiques, des créatures énigmatiques ou des fragments architecturaux monumentaux. À la fois délicates et imposantes, singulières et troublantes, ces formes agissent comme les protagonistes d’un paysage narratif imaginaire.
À travers Nature Digitale, Touron invite le public à envisager un avenir où la technologie ne se contente pas d’imiter la nature, mais participe activement à sa transformation et à sa réinvention.
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