Portrait Béatriz Trépat

Beatriz Trepat

Je suis née à Rosario, en Argentine, où j’ai suivi une formation en beaux-arts classiques. La poterie ne faisait pas partie de cette formation, alors j’ai cherché un atelier de potier pour apprendre à tourner et à émailler. À cette époque, j’ai réalisé mes premières sculptures miniatures pour tester les argiles et les émaux.

En France, avant d’avoir mon propre studio, le transport des œuvres à faire cuire était risqué. J’ai donc préféré travailler surtout avec des engobes, des terres colorées et des ajouts de matériaux qui fondent ou brûlent en laissant une trace. Je poursuis encore aujourd’hui mes recherches sur ces effets de matière et de couleur.

Je suis attirée par la variété et la monstruosité de la nature, par la force intérieure de la prolifération et de la croissance. Les collections de « naturalia » et les « cabinets de curiosités » en sont les meilleurs exemples : un mélange éclectique de choses rares et singulières.

Actuellement, mes pièces sont pour la plupart des mini-sculptures. La petite forme est, pour moi, une invitation à rêver. Grâce à leur taille, elles offrent une vision globale immédiate, mais il y a tellement à découvrir en y prêtant plus d’attention. Une petite porte étroite qui s’ouvre sur un monde.

Je suis un fil mental, et j’apprécie particulièrement le récit illogique dans mes petites sculptures. Lorsque je commence à travailler, je choisis des petits objets trouvés et des ornements de mon stock. Ils sont souvent le point de départ : ils m’inspirent et me guident. Je rassemble des pierres, des pièces de céramique cassées, des bibelots en porcelaine, et je prépare à l’avance des pièces en argile cuite (pointes, épines, boules…) qui seront incluses dans la pâte. Je crée une « histoire » où les formes et les ornements interagissent entre eux. Comme je construis les sculptures avec des morceaux éclectiques, il n’est pas rare qu’elles se tordent et se plient pendant la cuisson. J’accepte volontiers ces accidents.

Née en 1965 à Rosario (Argentine), elle a suivi une formation en gravure et en céramique en Argentine. Elle vit dans la région parisienne et travaille dans son atelier à Belleville.

Depuis son installation en France en 1988, elle a suivi des cours à l’École de tournage céramique d’Augusto Tozzola à Arcueil, ainsi qu’un enseignement sur le calcul des émaux avec Héléna Klug à Paris.

Sa recherche actuelle porte sur la matière et le déséquilibre. Elle crée de petites sculptures construites par modelage, en associant des éléments cuits (fabriqués ou trouvés) et crus. Ses œuvres évoquent des organismes non identifiés issus de la nature ou des vestiges archéologiques. Elles échappent aux catégories classiques – végétale, animale, ou minérale – et perturbent ainsi les frontières établies.

Ces sculptures unifient des opposés (dur/mou, sec/humide…) qui suscitent des images tactiles tout en générant une ambiguïté supplémentaire : s’agit-il d’un hybride ou de plusieurs personnages ?

Exposition au centre :
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