© Lucas Gomez Fernandez
Rafael CHACON
Chaque nouvelle pièce que je crée me ramène sans cesse vers l’origine de tout ce qui compose ma vie personnelle et créative. Chaque merveille que je découvre dans mon environnement provoque en moi une émotion irrépressible que j’ai besoin de raconter, d’ordonner afin de pouvoir la comprendre dans toutes ses facettes. Les blessures que j’accumule sont elles aussi une source inépuisable. Sans ces blessures écumantes, la création ne serait pas possible, comme symbole de la beauté qui nous entoure et qui contient également en elle des dangers et des certitudes.
Il a été nécessaire, inévitable, dans chaque étape de ma vie, d’accepter un sacrifice de sang réel mais aussi émotionnel. Pour survivre à cette hécatombe, j’ai créé des réalités parallèles destinées à recouvrir les blessures. Depuis que j’ai commencé à sculpter la céramique, sans l’avoir cherché, mes créations osent montrer mes blessures d’une manière qui me paraît belle, presque enfantine, afin d’éviter la terreur de les regarder directement. Chacune raconte une histoire de célébration et d’abandon à la vie, toujours unique.
Dans mon œuvre, je raconte ce voyage vers l’abîme, vêtu de mes plus beaux atours : une monture noble, une armure éclatante, et des armes que l’on ne manie pas avec les mains mais avec l’âme. Le cœur, la fleur, l’épée et le sang m’accompagnent.