LE FUR Martine

Les pieds dans l’eau et les mains « sales » voilà un plaisir irrésistible d’enfant. Certains se rangent du côté des bien propres, d’autres restent les mains ouvertes dans la matière, extasiés.

Moi, l’attrait de l’eau et de la boue m’habite en permanence. Alors je l’ai développé, entretenu et je le vis au quotidien. J’ai appris à connaître l’argile , ses exigences, ses qualités, ses possibilités, les formes, le vide pour envisager l’espace qu’elle occupe.

Je me concentre sur le façonnage pendant que je foule consciencieusement ma terre composée de plusieurs argiles dont certaines ramassées dans la nature. Elle est enrichie de chamotte, de papier, de paille et autres impuretés. L’impureté! quel bonheur, quelles surprises rencontrées et quel plaisir de marcher à côté du sentier bien tracé. Après avoir engobé en utilisant avec délicatesse mes poussières d’atelier et des sables, je cuis en oxydation afin de choisir ma palette de couleurs. En recherche raisonnable et progressive puis libre aujourd’hui, je dialogue avec les matières. Quel bonheur de jouer avec les couleurs, les matières les plus improbables, et travailler avec la fusion de la haute température. Comme sur un terrain de jeu les matières et techniques s’exercent.

L’expérience est préméditée mais libre de résultats, souhaitant même l’accident si joyeux qui nous emmènera plus loin sur le merveilleux chemin de l’aventure.

M Le Fur