Didier IMART
Didier Imart est tombé très tôt dans la céramique. À quatorze ans, il refuse de poursuivre le collège et choisit d’entrer directement en apprentissage. Il est accueilli pendant quatre ans chez le potier Jacques Thiveaud, des Poteries d’Arnis , proche de Cahors. Très attaché à son maître potier, au point de devenir presque le quatrième fils de la famille, et désireux d’apprendre, Didier s’épanouit enfin dans les techniques de création.
Il poursuit ensuite sa formation au lycée de Castelnaudary, où il apprend notamment la technique du moulage. Très impliqué dans son métier, il part ensuite pendant neuf ans à Pontoise pour animer un atelier de céramique dans une école privée.
En 1976, il revient dans le Tarn, et achète une bergerie dans le Hameau de l’Oulmié, près de Lombers. Deux ans plus tard, il épouse Nicole. Ils vont petit à petit transformer cette bergerie en maison-atelier. Ce lieu devient à la fois son atelier et bientôt le siège de l’association Terre et Terres. En effet, il décide avec d’autres potiers et potières de créer cette association, pour promouvoir le métier de céramiste dans la région Midi-pyrénées, mais aussi pour permettre aux potiers et potières de sortir de leur isolement en se regroupant, en échangeant, et en créant notamment une caisse de solidarité pour aider ceux qui traversent des périodes de précarité. Beaucoup d’amis et de céramistes y passent, et la maison devient un véritable point de rencontre pour les premiers potiers de Terre et Terres. Ceux qui viennent de loin, comme Jean-Michel Prêt et Patrice Teulières, dorment sur place dans une ambiance très familiale.
Les réunions de l’association se tiennent dans un petit local prêté par des voisins, tout près de la maison. On s’y retrouve souvent autour d’une mouclade — ces moules cuites au feu de bois — préparée avec amour par Didier, dans le jardin, ou pour célébrer les anniversaires de Sylviane, de Jean-Michel et des autres. L’hiver, Didier arrive le premier pour préparer la pièce et allumer le poêle afin que Catherine de Lagabbe , Françoise Nugier, Marie Costes ou Alain Déjardin n’aient pas à travailler dans le froid.
C’est dans cette atmosphère vivante que l’association grandit et que naît le premier marché de potiers de Giroussens. Les réunions sont animées : parfois le ton monte et les échanges sont vifs, mais toujours dans une ambiance chaleureuse et fraternelle.
Le premier marché reste un moment marquant. Nicole se souvient des habitants de Giroussens — notamment les mamies du village — qui préparaient des moungettes pour les potiers. Le soir venu, la fête continuait avec des danses qui semblaient ne jamais vouloir finir !